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Je pratique la sophrologie depuis les années 1985,
dans le cadre d’une démarche de développement personnel,
et c’est très naturellement que j’ai décidé de l’intégrer à mon enseignement du chant...
Il y a quelques années, au théâtre du Châtelet à Paris,
j’ai eu la chance d’assister à une master classdirigée parChrista Ludwig,
magnifique mezzo-soprano allemande. Elle conseillait ainsi l’une des étudiantes :
« Ne cherchez pas à avoir une grande et belle voix dans l’espace…
Cherchez seulement à vous sentir grande et belle dans l’espace, et la voix suivra !»
Souvent cette phrase, « typiquement sophrologique », continue de résonner en moi…
Se sentir « grand et beau » :
La sophrologie stimule la découverte du schéma corporel: « je suis mon 1 er compagnon de vie. Est-ce que j’entretiens une bonne relation avec moi , avec mon corps ?» Prendre le temps d’éprouver les mouvements de vie, les sensations qu’éveillent des exercices simples, « sans analyse et sans jugement », sans soucis de performance… Comme un pianiste prend le temps de régler son tabouret, le clarinettiste son anche, et le violoniste son accord, nous affinons nos capacités à la perception, à la dimension acoustique de notre corps, véritable instrument de la voix, en stabilisant une posture éveillée, vaste, enracinée, « souriante et digne du dedans »
Activer la confiance en soi :
Vivre comme une réalité consciente nos actes de présence au monde, se sentir exister, c’est surtout ça le « positif », et non pas seulement ce qui est agréable. Toute action positive dirigée vers la conscience se répercute sur tous les éléments psychiques et corporels de mon être, et renforce cette confiance dont j’ai besoin pour chanter. La sophrologie devient un véritable « art de vivre »…
Accueillir et maîtriser ses émotions, gérer le trac…
…Et non pas se laisser submerger et déstabiliser par eux !
Activer l’énergie vitale grâce à l’étude de mouvements respiratoires synchroniques, et l’équilibrage permanent, indispensable dans le chant, du « je suis détendu » et du « je suis dynamique »
Développer sa créativité :
Par la concentration, la visualisation, l’initiation à la méditation, la sophrologie nous guide vers un monde sensible et subtil qui est aussi celui de l’art, de la musique et du chant !
Historique de la sophrologie :
La sophrologie est une science qui étudie les différents états de la conscience. Non pas la conscience morale, « avoir bonne ou mauvaise conscience », mais la conscience en tant que perception des phénomènes qui nous renseignent sur notre propre existence. Étymologiquement, « sophrologie » vient du grec, et signifie : l’étude de la conscience, afin d’accéder à la joie (sos : la joie intérieure ; phren : la conscience ; logos : l’étude)
Ces réflexions et la pratique de cette méthode, sont menées depuis 1960, et réactualisées depuis 1999, par Alfonso Caycédo. Caycédo est né en 1932 en Colombie. C’est en Espagne qu’il devient médecin et neuropsychiatre. Il observe les traumatismes de la guerre civile, puis du régime totalitaire de Franco, et cherche une médecine préventive, et d’autres remèdes à ces malheurs, que les camisoles et les électrochocs…Influencé par sa femme qui pratique le yoga, Caycédo part au Tibet et invente un « yoga occidentalisé et médicalisé ».
Il se passionne pour la philosophie phénoménologique de Husserl qui prône la qualité de l’acte: saisir l’essence des choses, juste la perception de la vie en soi,« sans analyse et sans jugement »…Caydédo retourne à Bogota, et confirme dans les années 80 sa méthode de « sophrologie humaniste »
La pratique d’une séance type:
Nous faisons ensemble des exercices simples, corporels et mentaux, que je précise avant les séances.
- Le confort : ces séances se font debout et les yeux fermés. Mais chacun peut librement les aménager en cours de travail (yeux ouverts, posture assise, nombre et/ou ampleurs des gestes restreints...)
- La répétition : plus on répète les exercices, précise l’intention, plus le cycle éprouvé en soi de « découverte, conquête, transformation » est opérationnel. La sophrologie est une technique d’accompagnement et de connaissance de soi, qui conduit à l’autonomie…
- La phénodescription : prendre un temps après la séance pour écrire « la vivance » (ce que j’ai ressenti, vécu, et ce qui continue de vivre en moi ), comme pour « installer sur mon disque dur un logiciel du positif » . « Mettre des mots évite les maux » dit J. Salomé ou « Quand je me relis, je me relie… » m’a confié un stagiaire…
- L’alliance: dire, partager, exprimer ce qui est imprimé, permet de le préciser et de le confirmer,en rentrant dans la résonance du groupe…J’éprouve que dire ce que j’ai vécu le rend encore plus réel …
ou le révèle ! La « prise de parole parlée » ne prépare-t-elle pas à une plus libre « prise de parole chantée » ?
La sophrologie évolue sur 3 cycles progressifs (fondamental, radical, existentiel), chacun selon 4 degrés.
J’aborde dans mon travail essentiellement les 4 degrés du cycle fondamental.
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